mercredi 23 décembre 2009

Sur les rives de tes lèves striées, je dépose ma croix, mon fardeau et un lambeau de mon étendard.
Au crépuscule des idées, le peuple grouille et cogite en roue libre, en pure perte et je suis dans ma chambre, je te peins sur les murs.
Tu as tellement existé.
Ton visage grand ouvert sur les toits du village, au balcon de mon délire, ton visage grand ouvert sur le radeau que violentent mes fièvres, au creux d’un désert qu’allonge mon vertige, dans les toilettes publiques, dans un repli du rideau.
J’ai ravagé des forets, j’ai bu les tristesses des places publiques. Et maintenant autant qu’ailleurs je te poursuis comme l’on poursuit un Sens. Quelque fois j’ai surpris ton visage endormi entre les pages d’un journal bringuebalé sur le trottoir. Des reflets, des échos, des trompes-l’oeil m’ont ravitaillé d’un peu de force. Et comme un vieil homme qui n’a fait que marcher en direction de, à destination de… Mes pas poursuivent leurs empreintes. J’aperçois des palais dans les flaques et des paupières qui descendent sur les regards comme pour négocier un peu de tendresse. Derrière les fenêtres et les persiennes, des hommes et des femmes s’allongent.
Je suis en chemin, les stries de tes lèvres m’indiquent l’entrée de ta bouche et malgré ma démarche et mes pensées alourdies de fatigue je refuse de dormir.

mercredi 16 décembre 2009


I

La dernière feuille du dernier arbre frissonne. Ressusciterai-je ?


II

Je peux te connaître.

Sauter par la fenêtre.



III

Je t'irrationnel tu m'excentriques

je t'élabore tu m'articules

tu m'exagères j'te concrétise
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